
Ces images semblent provenir d’un pays en pleine guerre civile. Et pourtant, on est bien en France où une horde de réactionnaires s’amuse à brûler des pneus et à paralyser la circulation. Et pourquoi sont-ils en colère cette fois-ci ? Après une crise alimentaire sans précédant au cours des années 2007-2008, les prix des denrées alimentaires reviennent peu à peu à la normale. Face à la concurrence mondiale grandissante, les agriculteurs demandent plus de mesures protectionnistes et de nouvelles subventions totalisant plus d’un milliard d’euros ! Une révolte en règle contre la loi du marché.
Il est injuste que nos gouvernements privilégient certaines activités économiques au détriment des autres. Tout produit devrait faire face à la concurrence dans un marché libre et les habitant d’un certain territoire ne devraient pas être obligés à payer pour des produits dont ils n’ont pas besoin. Le marché capitaliste est basé sur l’équilibre entre l’offre et la demande, entre les producteurs et les consommateurs. Cet équilibre se rompt dès que le gouvernement y met ses pattes.
Les subventions agricoles ont des conséquences perverses : elles alimentent la surproduction, elles appauvrissent les pays en voie de développement (qui ne réussissent plus à vendre leur marchandise), elles stimulent artificiellement un secteur économique moribond.
Mais il est impossible de parler d’une abolition de ces subventions dans le contexte actuel : les groupes de pression qui contrôlent l’État monteraient immédiatement aux barricades. Lorsque le gouvernement déshabille Pierre pour habiller Paul, il est sûr de gagner le vote de Paul.
